C’est au travers du Dr Patrick Barriot, correspondant de longue date de Theodore J. Kaczynski et auteur de la préface de ce livre, que nous est arrivé le projet Unabomber. Comme Kaczynski ne trouvait aucun éditeur américain adéquat, il avait chargé son correspondant français de lui trouver un éditeur à l’étranger.

Nous avons décidé d’accepter. Les raisons en sont assez évidentes :
  • Theodore Kaczynski, le prisonnier le plus illustre du vaste archipel carcéral américain, est une figure extrêmement controversée, ainsi qu’un véritable mythe. Beaucoup connaissent le personnage, et son manifeste, La société industrielle et son avenir, est déjà connu du public. Il a notamment eu deux éditions différentes en langue française. Cependant, aucune version existante de ce manifeste n’avait été autorisée et établie par l’auteur lui-même.
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  • D’autre part, Kaczynski a continué d’écrire dans sa prison de haute sécurité: des milliers de feuilles lignées, remplies au stylo-bille ou au crayon d’une écriture méticuleuse et dupliquées à la main: essais anthropologiques, réflexions sur la révolution, correspondances avec des universitaires ou des militants — notamment sa très importante correspondance avec David Skrbina, de l’Université du Michigan. Ces textes — plus des trois quarts de notre édition — étaient à ce jour inédits. Ils permettent de se faire une tout autre idée de leur auteur que celle qui a été sommairement répandue par les médias américains.

Nous nous sommes donc engagés, d’une part, à publier le livre selon les indications exactes de l’auteur. Et d’autre part, à le faire simultanément en traduction française et dans la version originale américaine.

Nous saluons ici au passage l’immense travail de recopie, de vérification et de traduction du Dr Barriot.

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Nous voulons être très clairs sur ce point : Kaczynski demeure un criminel et un assassin et nous nous distançons fermement de ses actes. La peine qu’il endure en prison est méritée. Pourtant, quoi que l’on puisse penser de lui comme être humain, «Unabomber» est entré dans l’histoire de la modernité — ou la préhistoire de la post-modernité. A ce titre, ses écrits méritent d’être préservés et connus. Il va de la mission idéale d’un éditeur que de permettre au public de prendre connaissance d’une oeuvre aussi lourde d’implications, aussi bien juridiques qu’intellectuelles, et d’en juger par lui-même.